Griffonnages

Blog de Michel Brouyaux /// Pourquoi ce blog ?

Automobile Club d’Egypte. Alaa El Aswany.

automobileclubMagnifique roman par l’auteur du justement célèbre “Immeuble Yacoubian”.

En cette fin des années 1940, sous les pales des ventilateurs de l’Automobile Club du Caire, l’Egypte des pachas et des monarques flirte avec aristocrates et diplomates de tout poil, pour peu qu’ils soient européens. Régulièrement, Sa Majesté le roi honore de son éminente présence la table de poker. Extravagance, magnificence et décadence qui s’arrêtent aux portes des salons lambrissés. Dans les communs, une armada de serveurs et d’employés venus de Haute-Egypte et de Nubie s’escriment à satisfaire les exigences de l’inflexible El-Kwo, le chambellan du roi. L’esclave du monarque est aussi le chef suprême des employés de tous les palais royaux, qui régente dans ses moindres détails leur misérable existence et se délecte à professer l’art de la soumission.

(…) A suivre les chemins contrastés qu’empruntent ses enfants, on découvre les derniers soubresauts de l’Egypte pré-nassérienne : morgue des classes dominantes, dénuement extrême des laissés-pour-compte, éveil du sentiment nationaliste. De toutes part l’édifice se lézarde, et dans le microcosme de l’Automobile Club, où le visage noir charbon d’un domestique ajoute une touche d’élégance au décorum, frémissent les temps futurs et l’explosion révolutionnaire qui va embraser le pays. (extrait de la quatrième de couverture)

Au-delà d’une époque à laquelle beaucoup se réfèrent aujourd’hui soit pour l’exalter, soit pour la vilipender, ce que nous montre Alaa El Aswany, à travers ce livre comme dans ses précédents ouvrages, c’est le mécanisme subtil des rapports de pouvoir au sein d’une société : le pouvoir des maîtres sur leurs serviteurs, le pouvoir des hommes sur les femmes, le pouvoir des souverains sur leurs courtisans, les pouvoir des despotes sur leur peuple, ce pouvoir qui ne repose que sur la peur de ceux qui lui sont soumis. (extrait de la brillante préface de Gilles Gauthier, le traducteur).

Un “trois étoiles”, savouré avec un thé à la menthe.




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